alter ego :

l’expression est équivoque :

Si on entend par «alter ego »   un autre « je »  au sens de pôle de centralisation  de toutes les représentations, on reconnaît implicitement  l’autre comme conscience ( ce qui est un progrès car c’est loin d’être toujours le cas !) 

Par contre, si on entend par «alter ego »   un autre moi -même : sous couvert de charité on peut projeter sur l’autre ses propres particularismes ( goûts, angoisses, réflexes valeurs) Chacun assimile l’autre à soi même, sans soupçonner ce qui le rend peut-être irréductiblement différent de soi.

Si autrui m’était donné tel qu’il est présent à lui même, il y aurait fusion de son ego et du mien. Sa conscience et la mienne ne feraient plus qu’une ; l’altérité disparaîtrait (je ne peux par principe accéder de l’intérieur à d’autres consciences).

Il faut donc se méfier de l’expression  « alter ego » : l’autre est un autre sujet à part entière.. Il est  sans doute aussi complexe que moi mais à sa manière à lui. Autrui n’est pas tant un autre moi-même  qu’un sujet autre que moi ; Un « moi » au même titre que moi mais distinct de moi et peut-être irréductible à moi dans son style de vie et ses valeurs.