Dieu ou l’autre :

cf Les mots la scène de la salle de bain… et pages 328-337 de L’être et le néant : le sentiment que je suis sous le regard de Dieu est dérivé de l’expérience fondamentale du regard de l’autre.

 Quand j’ai le sentiment qu’ « on » me regarde le sujet  est à ce stade indifférencié. Par contre lors que je reprends l’offensive du regard et que j’objective à mon tour autrui : j’évalue alors l’unité ou la multiplicité de ceux qui deviennent ainsi objet de mon regard.

Si maintenant, je me détourne du regard d ‘autrui comme épreuve concrète pour le penser à vide
 ; et si  pensant à vide le caractère indistinct de la présence d’autrui dans le sentiment d’être regardé, j’unifie cette présence sous le concept d’un sujet qui ne saura jamais objet : je pose Dieu, je crée la notion de Dieu.

Pour le dire autrement : quand je pense un regard qui se pose sur moi et qui émane d’un sujet qui ne  peut être dégradé en objet, j’obtiens l’idée de Dieu et je perpétue ma honte, je pose l’éternité de mon être objet ; j’existe aliéné sans espoir de pouvoir récupérer ma transcendance, je suis pêcheur.