Humilier son semblable pour le seul plaisir :

Nietzsche et Freud ont montré à quel point l’altuisme n’était pas naturel. Il y a en l’homme une volupté à la cruauté. Pour ces deux auteurs la sensibilité morale n’est pas innée ; la pitié, la compassion, le respect sont les produits d’un dressage, d’une éducation qui passe par l’intériorisation d’interdits. Dans Totem et tabou Freud revient sur les grandes religions qui toutes interdisent le meurtre. Il rappelle qu’il n’y aurait aucun sens à interdire le meurtre si l’homme n’y aspirait pas fortement. Freud prend à témoin l’histoire et notamment les guerres, elles opèrent(comme le rêve)un déshabillage moral, une levée de la censure avec un retour des pulsions agressives refoulées  par l’éducation.

Dans Malaise dans la culture Freud souligne : « l’homme n’est pas cet être débonnaire au cœur assoiffé d’amour dont on dit qu’il se défend seulement quand on l’attaque. Mais il porte en lui des pulsions agressives, pulsion de destruction. L’homme tente de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d ‘exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de le martyriser, de le tuer.